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| Nous avons
retrouvé l'histoire de Nell Matusier
(1892 - 1911) qui a donné son nom
à cet établissement et à une pointe
de terre charentaise. Un phare protège
les marins des dangers du Cap Nell
et aussi de sa légende. Les hommes
de ce pays qui ont succombé à son
charme nous ont laissé des lettres
troublantes. Nous vous invitons à
leur lecture … |

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| Deuxième lettre | Monsieur l’ingénieur,
J’ai assumé jusque là mes responsabilités avec tout le respect qu’exige la profession, mais cette nuit l’appel est trop pressant pour pouvoir y résister. Je vous prie de n’engager aucune recherche pour me retrouver. A l’heure où vous lirez cette lettre j’aurais volontairement quitté cette terre. C’est pour faciliter votre enquête que je me permets ici de vous écrire personnellement.
Avant ces vingt années passées au service des phares et balises, j’ai exercé en Charente le difficile métier de marin pêcheur. Natif de Rochefort sur Mer j’ai hérité à vingt ans d’une chaloupe avec laquelle j’ai écumé toutes les eaux des pertuis. Il y avait à Fouras un patron de pêche du nom de Francis Matusier. Sa femme, morte en couche avait mis au monde la plus belle fille qu’on puisse rêver d’avoir pour femme. A diverses reprises, au cours de veillés et de fêtes paroissiales, la fille semblait partager l’intérêt que je lui portais, j’osais un dimanche présenter ma demande au vieux Matusier. Il me reçu aimablement mais rejeta avec autorité ma requête. Je lui laissais une semaine pour se renseigner sur ma personne et c’est avec l’assurance d’un jeune marin pêcheur déjà prospère que je me présentais à nouveau le dimanche suivant. Je fus éconduit ce jour là moins agréablement. Une année durant, face à son entêtement, ma passion pour sa fille ne cessait de grandir. On le renseigna sur nos rendez-vous secrets et je reçus une lettre de lui où il me confiait les pénibles raisons de son refus. Je pris alors la décision d’enlever à la folie d’un père ce qui devait être la femme de ma vie. Nous partîmes à Brest où je passais avec succès le concours des phares et balises. Nous aurions pu nous marier et vivre heureux si le désir de ma bien aimée de retrouver grâce aux yeux de son père n’assombrissait notre union.
Je réussis quelques temps à la dissuader d’un tel projet mais sa mélancolie grandissante m’obligea un jour à lui permettre le voyage jusqu’à Fouras. Une semaine passa lorsque je reçu un avis des autorités maritimes de Rochefort qui m’annonçait la disparition en mer de Nell Matusier et de son père. Sachez qu’après plus de vingt ans en poste sur les phares de Bretagne, j’ai redouté plus que tout ce retour au pays. Le 422 protège les marins d’un cap dangereux mais aussi d’une légende. Le témoignage de mon adjoint Emile Guillot et la lettre de Francis Matusier que je vous confie vous éclaireront sur ma raison. J’ai jusqu’à ce jour tenu secret cette lettre même aux yeux de sa fille Nell.
Voyez dans mon geste plus d’amour et de fidélité que de fol désespoir.
Amédée Moreau. |
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Restaurant -
Bistrot - Grill
LE CAP NELL
1, quai Bellot - 17 000 Rochefort

Tél : 05 46 87 31 77
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